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Présentation
Le
portail Sankoré s’inscrit dans le cadre du projet
« Education numérique pour Tous » visant
à partager la révolution du numérique
éducatif.
Ce
portail a été conçu sur la base des recommandations
de l’université numérique d’été
d’Hammamet organisé par un partenariat entre
le FSN, l’Assocation pour le Developpement de l'Education
en Afrique (ADEA), la BAD, la Caisse des Dépôts,
et l’AFD qui a réuni 18 délégations
ministérielles de pays francophones du continent africain.
Pour
marquer la vocation et le caractère pleinement africain
de ce portail, il a été baptisé Sankoré,
du nom de l’une des plus anciennes universités
au monde, fondée à Tombouctou au XVème
siècle (voir l’Histoire de Sankoré).
Sankoré
est aujourd’hui un portail en cours de développement.
Cette version d’essai, enrichie constamment par les
contributions et les suggestions de ses premiers utilisateurs
devrait permettre la mise en place d’une première
version pleinement opérationnelle pour la rentrée
scolaire 2009-2010.
Sankoré
est réalisé dans le cadre d’un partenariat
public privé opérationnel (devenir
partenaire) ouvert au sein de la communauté d’intérêts
francophone réunissant des partenaires techniques et
financiers oeuvrant pour le développement de la solidarité
et de l’éducation sur le continent africain.
Un
comité de pilotage et de suivi est en cours de constitution.
Sankoré
devra être au plus tard au 31 décembre 2010 pleinement
approprié par ses partenaires africains
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L'histoire de Sankoré et de son université
Fondée
à Tombouctou au XVème siècle, Sankoré
est l’une des plus anciennes universités au monde.
Pour
marquer l’appropriation par les Africains des technologies
et des pédagogies éducatives les plus modernes, le
nom de Sankoré a été donné à
ce portail.
Sankoré,
c’est d’abord le nom d’un mécène,
d’une « grande dame de Tombouctou, très riche,
désireuse de faire de bonnes œuvres », qui fit
bâtir dans sa patrie une mosquée. Sankoré, c’est
ensuite et surtout cette célèbre mosquée de
Tombouctou qui fut, pendant plus de quatre siècles, du XIVème
au XVIIIème siècle, le plus brillant foyer de culture
et d’éducation de Tombouctou et, partant, du Soudan.
Sankoré, c’est enfin le nom du quartier de Tombouctou
qu’abrite la mosquée du même nom. Sankoré
vient de San (noble) et Koréi (quartier). A Tombouctou, on
donnait plus particulièrement le titre de San aux docteurs
et savants personnages qui habitaient le quartier de la mosquée
de Sankoré.
La
mosquée de Sankoré fut édifiée à
une date encore mal connue au XIVème siècle, entre
1325 et 1433, pendant la domination mandingue. Le Tarikh-es-Soudan
nous dit à son sujet : « quant à la mosquée
de Sankoré, elle fut bâtie par une femme, une grande
dame très riche, très désireuse de faire de
bonnes œuvres, à ce que l’on raconte ; mais nous
ne savons pas à quelle date cette mosquée fut bâtie
». Selon le Tarikh-es-Soudan, elle fut construite peu de temps
après la grande mosquée de Djingaréiber. Le
grand Sidi Yahya, mort en 1463, y enseigna. Le sanctuaire fut entièrement
démoli pour être reconstruit entre 1578 et 1582 sur
un plan nouveau par El Agib, cadi de Tombouctou et restaurateur
des autres célèbres mosquées de Tombouctou,
Djingaréiber, et Sidi-Yahya. « Il lui donne exactement
la longueur et la largeur de la Kaaba de la Mecque, mesures qu’il
avait notées sur une corde lors de son pèlerinage
» Tarikh-ès-Soudan.
Un
siècle après, le 7 août 1678, le minaret de
la mosquée s’écroulait d’après
le Tedzkiret en –Nizian. Des travaux de réfection assez
importants sont signalés par le même texte en 1709
– 1710 et en 1732. René Caillé, qui la visita
en 1828, note qu’elle était alors en bon état,
Barth au contraire, en 1853 – 1854, nous rapporte que les
Peulhs la livrèrent à la ruine et à l’abandon.
Le cheick El-Bakay la fit rebâtir dans son ancienne splendeur
pendant le séjour de Barth.
Aujourd’hui, Sankoré lutte désespérément
contre le sable qui l’envahit du Nord et de l’Est.
Elle
attira de bonne heure de nombreux étudiants et des maîtres
réputés. De grands maîtres y ont enseigné
et se distinguèrent par l’étendue de leur savoir
et leurs vertus personnelles. L’un d’eux, Mohamed-el-Kabari
(de Kabara, port de Tombouctou sur le Niger) nous déclare
à leur sujet : « j’ai connu des saints de Sankoré
dont les vertus n’ont jamais été dépassées
par personne, sinon par les compagnons de l’envoyé
de Dieu… ». Les études portaient sur la théologie,
le droit, la grammaire, la poésie, l’histoire, la géographie,
l’astronomie.
Au
XIVème siècle déjà, Sankoré jouissait
d’une grande réputation hors du Soudan et attirait
de nombreux étudiants d’Afrique du Nord et d’Orient.
Des érudits d’Orient ne dédaignaient point y
venir pour parfaire leurs connaissances : ce fut le cas de Sidi
– Abderrahman – Et q- Temini, venu du Hedjaz (Arabie)
en compagnie de Kankoun Moussa, empereur du Mali, lorsque celui-ci
revint de son pèlerinage à la Mecque en 1325. Il se
fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une
foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut
que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit,
il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude
du droit, puis il revint se fixer à nouveau à Tombouctou.
Parmi
les maîtres réputés de Sankoré, on peut
citer : El Haj, Cadi de Tombouctou dans les dernières années
de la domination du Mali (avant 1433 – 34) qui trouve un procédé
pédagogique pour enseigner le Coran divisé en hizb
; Sidi Yahya Tadelsi, le plus célèbre des Tombouctiens.
Il vint à Tombouctou au début du gouvernement des
Touareg (1433). Son ami, le chef de Tombouctou, Mohamed Naddi, lui
fit bâtir une mosquée dont il lui confia les fonctions
d’imam.
La
mosquée Sidi Yahya est aujourd’hui l’un des monuments
historiques de Tombouctou. « Le diven Sidi Yahya atteignit
au plus haut degré de la science, de la vertu et de la sainteté.
Sa renommée se répandit par tous pays et dans tout
l’univers. De tous ceux qui mirent le pied à Tombouctou,
personne ne fut aussi éminent que Sidi Yahya ». (Tarikh-es-Soudan).
Son esprit encyclopédique embrassait toutes les connaissances
de son temps. Il domine incontestablement ses contemporains et un
prédicateur Abou-Zéid-Abderrahman a dit : «
Il est du devoir des gens de Tombouctou de visiter chaque jour le
mausolée de Sidi-Yahya pour en obtenir les bénédictions
et ils devraient le faire même s’ils demeuraient à
trois jours de marche de cette ville… ».
Sidi
Yahya fit l’élégie de Mohamed-el-Kabari dans
des vers restés célèbres et déclara
à propos de la mort du grand maître de Sankoré
: « La disparition d’une intelligence de ce monde est
un deuil qui se manifeste en tous pays et chez tous les hommes de
valeur ». Sankoré doit en grande partie sa réputation
à Sidi Yahya, qui mourut en 1463 – 64.
Sidi
Yahya Tadelsi – Abdoul-Anda-Ag Mohamed fut le professeur d’un
grand nombre de maîtres parmi les habitants de Sankoré
au XVème siècle : les Aqit (des blancs) et les Bagayogo
(des noirs) dont les leçons attiraient une nombreuse foule
d’étudiants africains venus de contrées très
diverses. Sankoré s’enorgueillit de l’enseignement
de Mahmoud Kati ou Koti auteur du Tarikh-el-Fettach, premier livre
d’histoire rédigé par des maliens, commencé
en 1519, terminé par son petit fils Mocktar en 1665 ; Mahamoud
Kati fut témoin de tout le siècle des Askias (1493
– 1591) et mourut à l’âge de 125 ans en
1593. L’une des deux plus grandes figures de Sankoré,
le célèbre Ahmed-Baba, son contemporain, universellement
connu au Magreb et en Orient y enseigna également avant la
fin de la dynastie des Askias et pendant la domination marocaine.
Amené en captivité au Maroc en 1593, il y resta 20
ans, puis revint à Tombouctou où il reprit ses cours
à Sankoré et mourut le 22 avril 1627. Il est l’auteur
de nombreux ouvrages et de nombreuses biographies. Ses œuvres
sont en partie conservées au Maroc à Rabat et à
Marrakech. Outre Sidi-Yahya, Ahmed Baba Mahamoud Koti (ou Kati),
El Hadj, il faut citer Ahmed-ben-Godala, jurisconsulte, théologien,
lexicographe, grammairien, prosodiste et érudit. Il mourut
en 1536 à 80 ans et laissa une bibliothèque de 700
volumes.
Mohamed
ben-Godala, le Sanhadjien, le Tombouctou, Cadi de Tombouctou, éminent
homme de droit. Avec lui, les études de droit firent de grands
progrès et les étudiants dans cette matière
devinrent plus nombreux. Les ouvrages qu’il faisait surtout
étudier étaient la Modaouonana, la Risala d’Abou-Zéid-el
quaïrouâni, ouvrage de droit malékite très
répandu, le Mokhtassar de Khelil, l’Afrya, grammaire
arabe en vers d’Ibn Malek ; la Selâdjiya. Il fut le
propagateur de l’ouvrage de Khelil au Soudan et couvrit son
exemplaire d’annotations qu’un de ses élèves
fit paraître, sous forme de commentaire, en deux volumes.
Pendant ses 50 ans d’enseignement à Sankoré,
il entra en relation étroite avec de nombreux savants du
monde arabe qu’il parcourut au cours de son pèlerinage
à la Mecque ; Maklouf-ben-Salih-El Belbâli, jurisconsulte
et géographe, grand voyageur, il parcourut l’Orient,
les lieux Saints de la Mecque et de Médine, fut appelé
au Maroc pour enseigner à Marrakech où il fut emprisonné.
Il revint mourir à Tombouctou, sa patrie en 1534. Mohamed-Ali-ben-Yahya
le Sanbadjien, cadi de Tombouctou, qui enseigna la rhétorique
et la logique au père de l’auteur du Tarikh-es-Soudan,
Es-Saadi ; El Agît-ben Abdallah-el-Ansammani, le Messoufite,
originaire de Takeda, grand voyageur et auteur de nombreux ouvrages
; El Agît-ben-Yahya, célèbre à la Mecque
et en Arabie, maître d’Ahmed Baba ; il mourut en 1583
; Ahmed-ben-Mohamed-Agît-ben Oumar-ben Ali-ben Yahya, père
et maître d’Es-Saadi, jurisconsulte, théologien,
fils de jurisconsulte et de théologien, esprit fin et sagace,
érudit traditionniste, « il avait étudié
: comme nous le dit son fils : la théorie du droit, la rhétorique,
la logique ». Sa bibliothèque bien garnie contenait
tous les ouvrages rares et précieux. Il voyagea et étudia
en Orient auprès des plus grands maîtres ; Mohamed
Bagayogo, le Wankoré (Sarakollé), de Tombouctou, jurisconsulte,
théologien, pédagogue, érudit. Il passa toute
sa vie à enseigner. Et sa patience était telle qu’un
de ses condisciples dit un jour de lui : « je crois que ce
jurisconsulte a bu de l’eau de Zemzem (sacrée de la
Mecque) pour n’être point rebuté de l’enseignement.
« J’ai suivi assidûment ses cours pendant plus
de dix ans, nous dit Es-Saadi, auteur du Tarikh-Es-Soudan. J’ai
lu avec lui, huit fois environ le Moktassar de Khélil en
entier. J’ai étudié avec lui de façon
à en avoir l’intelligence complète, la Mouatta,
le Teshil (traité de grammaire en prose, l’Ibn Malek
que j’ai examiné à fond et sous toutes les faces
durant trois ans ; les Osoul d’Es-Sebki avec le commentaire
d’El-Mahlli ; l’Alfiya (traité en vers sur les
traditions) d’El Iraqï, avec commentaire de l’auteur,
le Telkhis el Miftah avec abrégé de Es-Saadi, deux
fois au moins ; la Sogbra d’Es-Senoussi, le commentaire de
El-Djezaïriya (poème sur l’unité de Dieu)
: l’Es-Ibikem d’Ibn-Ata-Allah (traité de morale
et de mysticisme, avec commentaire de Zerrouq ; le Nadm (poème
sur le calcul des nativités) d’Abou-Mogra’a et
la Hachemiya sur l’astrologie avec leurs commentaires ; la
Moqqdima (traité pour déterminer l’heure des
prières) d’Et-Tadjouri à ce sujet ; le Redjez
d’El Moghilé sur la logique ; la khazérédjia
(poème didactique sur la prosodie) sur la métrique
avec commentaire du chérif Es-Sibti, une grande partie de
la Tohfat-el-Hakkam (traité de droit malékite) d’Ibn-Acem
avec le commentaire du fils de l’auteur. J’ai également
étudié avec lui les Ferai – d’Ibn-El-Hâdjeb,
étude complète et critique ; j’ai assisté
à ses cours sur le Taudih de Sidi-Khélil ; j’ai
encore étudié avec lui une grande partie du El-Montega
d’El-Badji ; la Modaouana d’Abdou’l-Hasen ez-Zerouaïli
; la Chifa d’Iyâd ; la moitié du Salih d’El-Bokhari
avec son interprétation et la totalité du Salih de
Moslim à plusieurs reprises ; le Modkbel d’Ibn-El-Hadjeb
; enfin j’ai assisté à quelques unes de ses
leçons sur la Kisala, l’Alfiya, etc… J’ai
commencé avec lui le Coran sublime jusqu’au milieu
de la sourate A’raf. Je lui ai entendu lire en entier le Djam’i
el-mi-yar (ouvrage de jurisprudence) de El-Ouancherisi, ouvrage
qui forme un gros volume, et d’autres matières encore…
Pour tout dire, il fut mon professeur, mon maître et personne
ne m’a été aussi utile que lui. Il m’a
délivré des diplômes de licence écrits
de sa main sur les matières qu’il enseignait ».
Il mourut en 1593.
Cette
énumération permet de se faire une idée de
l’étendue des connaissances des gens de Sankoré
qui n’avaient rien à envier aux contemporains de Rabelais.
Sankoré
fut un centre de recherches pédagogiques où les grands
maîtres confrontaient leurs expériences. Sous l’impulsion
d’Askia Mohamed, l’enseignement fut développé
à Sankoré. Les savants et les écrivains furent
protégés et encouragés. C’est pendant
le siècle des Askia (1493 – 1591) que l’Université
de Sankoré parvint à son plus vif éclat et
fit rayonner sur une grande partie de l’Afrique, de la Mer
Rouge à l’Atlantique, des Côtes d’Espagne
au Golfe de Guinée, la gloire scientifique et littéraire
de Tombouctou. Elle ne différait des Universités européennes
de son temps que par manque de statut juridique. Des écrivains
renommés d’Afrique du Nord et d’Orient vinrent
y compléter leurs études et parfois s’y fixer
définitivement, comme le fit le célèbre Ahmed
Baba. Les auteurs du Tarikh-el-Fettach, premier livre d’histoire
écrit par les Soudanais, Mohammed Katé et ses petits-fils,
du Tarikh-es-Soudan, Es-Saadi, les auteurs inconnus du Tedzekiret
en Nizian doivent beaucoup aux enseignements de Sankoré.
Une
littérature y prospéra du XVIème au XVIIIème
siècle, et les produits de cette littérature commencent
seulement à être révélés peu à
peu par la découverte d’ouvrages fort intéressants,
rédigés en arabe par des Sarakolés, des Songhoïs,
des Arabes et des Touaregs.
La foule turbulente des étudiants et des habitants de Sankoré
formait l’opinion ; les grands du jour et leurs courtisans
craignaient leurs railleries et leurs sarcasmes.
On
distinguait les talibés qui étaient les étudiants,
et ceux qui avaient conquis leurs études sans avoir conquis
les grades les plus élevés et étaient de simples
lettrés. Les étudiants diplômés devenus
oulemas recevaient en signe le turban et devaient fournir comme
trousseau, selon la coutume générale, deux boubous,
deux grands pantalons, deux turbans et deux bonnets, plus deux montures,
un cheval et une jument.
Malgré
la conquête marocaine de 1591, Sankoré continua de
briller pendant près de deux siècles encore.
Les
progrès de l’instruction furent facilités par
la diffusion des livres et grâce aux imprimeries implantées
à Tombouctou et à Djenné par les Marocains.
Ces imprimeries archaïques ne disparurent que vers 1930.
En
même temps que Sankoré assurait sa suprématie
intellectuelle à Tombouctou, elle devenait parallèlement
un lieu politique où se prenaient les graves décisions
concernant le sort de la cité. Elle fut l’âme
de la résistance à toutes les tyrannies, à
l’oppression et à la domination étrangère.
Elle s’opposa avec une farouche détermination aux Marocains.
Le 20 Octobre 1593, les fusilliers marocains du pacha Mahamoud s’emparèrent
par traîtrise des notables de Tombouctou rassemblés
dans la mosquée de Sankoré pour renouveler le serment
de fidélité au sultan du Maroc. Ils en massacrèrent.
Puis le pacha Mahamoud expédia à Marrakech les prisonniers
qui avaient échappé au massacre, avec une partie de
leurs enfants, de leurs proches parents, hommes et femmes. Ils étaient
un peu plus de 70 personnes. Aucun d’eux ne revint jamais,
à l’exception d’Ahmed Baba cité plus haut,
en captivité, 20 ans au Maroc.
Sankoré
fut aussi une pépinière de cadres pour les empires
soudanais entre le XIX ème siècle et la fin du XVIIIème
: notaires, cadis, secrétaires des souverains, calligraphes,
maîtres d’écoles, les écrivains soudanais,
historiens et chroniqueurs, qui en sortaient après 15 à
20 ans d’études et de pratique, ont formé avec
ceux de Djenné, métropole du Delta Central Nigérien,
l’armature de l’administration et de la vie culturelle
de l’Empire des Askias de Gao.
Le
XIXème siècle, avec l’insécurité
et la succession des dominations bamara, peulh, toucouleur, touareg
et française à Tombouctou amena le déclin,
puis la ruine de Sankoré en tant que centre intellectuel.
Seule
la mosquée a survécu aux vicissitudes de l’histoire.
Mais le souvenir de l’incomparable école de Sankoré
reste vivace dans la mémoire des habitants de Tombouctou.
Chaque année, à l’occasion du Mouloud, la plus
grande fête de Tombouctou, ils effectuent un pèlerinage
à Sankoré et aux deux autres célèbres
sanctuaires, Djingaréiber et Sidi-Yahya. Après les
tours rituels de la grande mosquée de Djingaréiber,
Kaaba à la Mecque, ils se regroupent en grande partie devant
Sankoré. Mais Tombouctou seule ne se souvient pas de Sankoré.
Presque toutes les régions de la savane et du Sahel Ouest
Africain s’en souviennent. A l’Université d’Ibadan
au Nigeria Occidental, les rues de Sankoré et de Djenné
mènent à la bibliothèque principale. Et c’est
beaucoup dire.
Professeur Bakari KAMIAN
Agrégé de l’Université
Né
en 1928 à San République du Mali
Agrégé
de l’Université, Paris Sorbonne
Professeur, Censeur, Proviseur du Lycée Askia Mohamed, Bamako
(1959 – 1963),
Professeur, Directeur Général de l’Ecole Normale
Supérieure du Mali (1964 – 1967),
Secrétaire Général du Conseil National de la
Recherche Scientifique et Technique à la Présidence
de la République du Mali (1967 – 1968),
Fonctionnaire international au Secrétariat de l’UNESCO
à Paris (1968 – 1971),
Directeur du Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Education
en Afrique (1972 – 1979)
Auteur
de plusieurs ouvrages en géographie, Histoire, Education,
culture, communications, dont :
San
et ses environs, étude de géographie urbaine, Sorbonne
– 1957
Géomorphologie de la Vallée Bani dans la région
de San, Paris, Sorbonne – 1957
Connaissance de la République du Mali – 1962
Géographie et Histoire du Mali, Revue Suisse Parallèles,
Genève 1968
Le livre et l’éducation Dakar, numéro spécial
du soleil – 1973
Djénné et Tombouctou, Paris, Bamako – 2000
Des tranchées de Verdun à l’Eglise Saint-Bernard,
80 000 combattants maliens au secours de la France, Karthala, Paris
– 2001
Commandeur
de l’Ordre National de la République de Guinée
Conakry – 1979
Commandeur de l’Ordre National du Lion du Sénégal
– 1979
Commandeur de l’Ordre National du Mérité de
la République française – 2003
Officier des Palmes Académiques de France
Chevalier de l’Ordre National du Mali – 1979
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